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Article · publié le 29 septembre 2026

Interdiction de louer une passoire en copropriété : le calendrier en Île-de-France

L'interdiction de louer les passoires thermiques monte en puissance : classe G depuis 2025, F en 2028, E en 2034. En copropriété francilienne, où le bailleur dépend des travaux votés en assemblée, mieux vaut anticiper. Voici le calendrier et les leviers pour agir.

Écrit par Paul Arrial · Co-fondateur de FutureFrame · Expert investissement immobilier

L'interdiction de louer une passoire thermique bouleverse le marché locatif, et l'Île-de-France est en première ligne. Région à forte proportion de logements anciens et de petites surfaces énergivores, elle concentre une part importante des biens menacés de sortie du marché. En copropriété, la difficulté est spécifique : le bailleur individuel ne maîtrise pas seul les travaux qui amélioreraient son étiquette, car une grande partie dépend de l'immeuble.

Interdiction de louer une passoire : le calendrier à connaître

Le calendrier découle de la loi Climat et Résilience et s'applique aux nouveaux baux comme aux renouvellements :

Classe DPEInterdiction de mise en location
Classe Gdepuis le 1er janvier 2025
Classe Fà compter du 1er janvier 2028
Classe Eà compter du 1er janvier 2034

Un logement classé G ne peut donc plus être proposé à la location depuis 2025. Cette règle vise le critère de décence énergétique du logement : un bien trop énergivore n'est plus considéré comme décent, et le locataire dispose de voies de recours pour exiger sa mise en conformité. Un bail en cours signé avant l'échéance peut se poursuivre jusqu'à son terme, mais le logement ne pourra pas être reloué en l'état.

Pourquoi la copropriété complique la donne

Dans une passoire thermique en maison individuelle, le propriétaire décide seul de ses travaux. En copropriété, la performance dépend en grande partie de l'enveloppe et des équipements collectifs : isolation des façades et de la toiture, chauffage collectif, ventilation. Or ces interventions relèvent des parties communes et se votent en assemblée générale, à une majorité parfois difficile à réunir.

Un bailleur peut améliorer son lot (fenêtres, chauffage individuel, ventilation) mais bute souvent sur un plafond de performance tant que l'immeuble n'a pas engagé sa propre rénovation. D'où l'importance des outils collectifs : le DPE collectif, le plan pluriannuel de travaux et, le cas échéant, l'audit énergétique. Le bailleur a donc tout intérêt à s'impliquer dans la vie de sa copropriété et à peser dans les votes de travaux.

L'Île-de-France, particulièrement exposée

En zone climatique H1, la plus froide de métropole, les besoins de chauffage pénalisent le bâti ancien. Les petites surfaces parisiennes, très présentes dans le parc locatif, basculent facilement en F ou G. Le baromètre des passoires thermiques et le classement des territoires permettent de mesurer l'ampleur du phénomène commune par commune, de Paris à la grande couronne. La région cumule ainsi un double défi : un parc ancien abondant et une pression locative forte, qui rend chaque sortie de bien du marché particulièrement sensible.

Les leviers pour le bailleur en copropriété

Face à l'échéance, plusieurs actions sont possibles :

  1. Faire réaliser un DPE à jour pour connaître précisément la classe du logement et son écart avec le seuil de décence.
  2. Agir sur le lot : remplacement des fenêtres, modernisation du chauffage et de la ventilation, quand cela suffit à franchir un palier.
  3. Peser dans la copropriété pour inscrire à l'ordre du jour l'isolation collective et voter un plan de travaux ambitieux.
  4. Mobiliser les aides : MaPrimeRénov, y compris son volet copropriété, et les certificats d'économies d'énergie.

À noter : pour un logement classé F ou G, l'augmentation du loyer est déjà bloquée lors d'un renouvellement de bail ou d'une relocation, une contrainte qui s'ajoute au calendrier d'interdiction et qui pèse sur la rentabilité du bien.

Ce que risque un bailleur qui loue une passoire interdite

Louer un logement qui ne respecte plus le critère de décence énergétique expose le bailleur à des conséquences concrètes. Le locataire peut saisir la justice pour exiger la réalisation de travaux, et le juge peut réduire le loyer ou imposer la mise en conformité. Le logement n'est pas frappé d'une amende automatique, mais le bailleur perd la sécurité juridique de son bail et s'expose à un litige coûteux.

Au-delà du risque juridique, l'enjeu est économique. Un logement qui ne peut plus être reloué reste vide, sans revenu, tout en générant des charges. Dans un marché francilien où la demande locative est forte, cette vacance est d'autant plus frustrante qu'elle résulte d'un défaut évitable.

Transformer la contrainte en projet

La bonne nouvelle, c'est que chaque euro investi dans la rénovation d'une passoire améliore à la fois la conformité, le confort du logement et sa valeur. Les aides comme MaPrimeRénov et les certificats d'économies d'énergie réduisent le reste à charge, et en copropriété le plan pluriannuel de travaux permet d'organiser les interventions collectives. Un bailleur qui agit avant l'échéance conserve son bien sur le marché, sécurise son revenu et protège la valeur verte de son patrimoine, là où l'attentisme conduit à l'impasse.

Pour un bailleur, la marche à suivre est claire. Il faut d'abord établir un DPE à jour afin de connaître précisément la classe et l'écart avec le seuil. Vient ensuite l'analyse : quels travaux relèvent du lot, quels travaux dépendent de l'immeuble. Sur cette base, le bailleur peut engager les interventions à sa main et porter les sujets collectifs en assemblée générale. Plus l'échéance approche pour les classes F, plus la demande de rénovation augmente et plus les entreprises se raréfient : agir tôt, c'est aussi éviter l'engorgement et les surcoûts de dernière minute. Dans une région où la demande locative reste soutenue, un logement conforme et performant conserve tout son attrait.

Anticiper plutôt que subir

Attendre l'échéance expose à une vacance locative et à une décote à la revente. Connaître sa classe, agir sur son lot et pousser la rénovation collective sont les trois réflexes qui protègent la valeur verte du bien. Un bailleur qui anticipe conserve son revenu locatif et la valeur de son patrimoine ; celui qui attend risque de se retrouver avec un bien invendable au prix espéré et impossible à louer. Pour faire le point, demandez un devis en ligne : un diagnostiqueur certifié établit la classe exacte de votre logement et vous aide à mesurer le chemin à parcourir.

Questions fréquentes

Depuis quand un logement classé G est-il interdit à la location ?

Depuis le 1er janvier 2025 pour tout nouveau bail ou renouvellement. Les logements classés F suivront au 1er janvier 2028, et les classes E au 1er janvier 2034. Un G loué sous bail en cours peut continuer jusqu'à son terme, mais ne pourra pas être reloué en l'état.

Un bailleur en copropriété peut-il agir seul sur sa passoire ?

En partie seulement. Il peut améliorer son lot (fenêtres, chauffage, ventilation), mais l'isolation des façades et de la toiture relève des parties communes, votée en assemblée générale. La rénovation collective est souvent indispensable pour franchir les seuils.

Peut-on augmenter le loyer d'un logement F ou G ?

Non. Pour les logements classés F ou G, l'augmentation de loyer est interdite lors d'un renouvellement de bail ou d'une relocation. Cette règle s'ajoute au calendrier d'interdiction de mise en location.

Pour aller plus loin

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Sources

Chiffres IDF Diag : base ADEME Observatoire DPE-Audit et DVF, Licence Etalab 2.0, recalculés quotidiennement.