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Réforme du calcul · 1er janvier 2026

DPE 2026 : ce que le nouveau calcul déplace

Un seul paramètre a changé au 1er janvier 2026, et il ne concerne que l'électricité : le coefficient qui la convertit en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. La conséquence n'est pas mince pour un parc francilien où le chauffage électrique est très présent, puisque des logements changent d'étiquette sans que rien n'ait été touché chez eux.

Écrit par Paul Arrial · Co-fondateur de FutureFrame · Expert investissement immobilier

Un coefficient, et ce qu'il fabrique

L'étiquette énergie ne se lit pas en kilowattheures facturés mais en énergie primaire, une unité qui remonte à la ressource d'origine. Pour un combustible brûlé sur place, gaz ou fioul, la conversion est presque neutre. Pour l'électricité, elle intègre ce qu'il a fallu mobiliser pour produire puis acheminer le kilowattheure jusqu'au compteur : c'est ce trajet que le coefficient chiffre.

Ce coefficient valait 2,3 depuis des années. L'arrêté du 13 août 2025 l'a ramené à 1,9 à compter du 1er janvier 2026. Mécaniquement, la part électrique de la consommation affichée baisse d'environ 17 %. Rien d'autre ne bouge : les seuils des sept classes restent ceux de la méthode en vigueur depuis juillet 2021, et le mode de calcul des déperditions est identique.

Un logement ne consomme donc pas un kilowattheure de moins qu'en décembre 2025, et sa facture ne baisse pas. Ce qui change, c'est sa position sur une échelle réglementaire, avec toutes les conséquences que cette position emporte : le droit de le louer, la mention obligatoire dans une annonce, l'exigence d'un audit à la vente.

Qui est concerné, et qui ne l'est pas

La réforme trie sur un seul critère, l'énergie de chauffage. Les logements chauffés à l'électricité sont concernés : convecteurs et panneaux rayonnants, plancher chauffant électrique, pompes à chaleur air-air comme air-eau. Les logements chauffés au gaz, au fioul, au bois ou raccordés à un réseau de chaleur ne le sont pas, et leur étiquette est exactement celle de l'an dernier.

Parmi les logements concernés, tous ne gagnent pas une classe. Le gain dépend de la position du logement à l'intérieur de sa classe : celui qui frôlait le seuil supérieur bascule, celui qui se situait au milieu de la sienne y reste. Deux appartements voisins, chauffés de la même façon, peuvent donc connaître des sorts différents.

Une limite s'ajoute, moins connue et souvent décisive dans le parc ancien : l'étiquette retenue est la moins favorable des deux échelles, énergie et climat. Quand c'est la classe climat qui tient le logement en F, aucune baisse de coefficient sur l'énergie ne le fera remonter. Le chauffage électrique protège plutôt de ce cas de figure, mais les logements à appoints multiples y tombent régulièrement.

Enfin, la révision ne peut jamais dégrader une étiquette : le coefficient diminue, donc la consommation en énergie primaire ne peut que baisser ou rester stable.

Votre diagnostic, avant et après

Le comparateur ci-dessous part du numéro à treize caractères qui figure en tête de votre rapport, et qui est repris dans toute annonce de vente ou de location. Il retrouve le diagnostic dans le registre national et affiche côte à côte la classe d'origine et celle qu'il obtient sous le coefficient de 2026.

L'estimation est indicative, et volontairement prudente d'un côté, optimiste de l'autre. Le ratio est appliqué à l'ensemble de la consommation en énergie primaire du logement, ce qui constitue la borne haute du gain : si l'eau chaude sanitaire est produite autrement qu'à l'électricité, le gain réel sera plus faible. En sens inverse, le résultat ne descend jamais sous l'étiquette officielle actuelle. Seule l'attestation délivrée par l'ADEME fait foi. Si vous ne retrouvez pas votre numéro, la recherche par adresse permet de remonter au diagnostic enregistré, et le simulateur donne un ordre de grandeur quand aucun diagnostic n'existe.

Ce que cela change pour louer en Île-de-France

C'est là que la réforme pèse le plus lourd. Un logement classé G ne peut plus être proposé à la location depuis le 1er janvier 2025, un logement F ne le pourra plus au 1er janvier 2028, un logement E au 1er janvier 2034. Le nouveau coefficient ne déplace aucune de ces dates, mais il déplace des logements d'un groupe à l'autre : un bien électrique qui remonte de F à E gagne six ans, et un bien qui remonte de G à F redevient louable.

Le calendrier a une portée particulière dans une région dont l'agglomération est classée en zone tendue : un logement qui perd le droit d'être loué ne se reloue pas ailleurs. S'y ajoute le gel du loyer des logements F et G, en vigueur depuis le 24 août 2022, qui interdit la révision annuelle comme la réévaluation entre deux locataires. Sortir de ces deux classes n'est donc pas un enjeu d'affichage.

Un point de méthode pour les bailleurs de lots en copropriété : lorsque le chauffage est collectif, la révision ne joue que si l'énergie de la chaufferie est l'électricité, ce qui est rare. Le levier utile dans ce cas reste la transmission au diagnostiqueur des relevés de consommation de la chaufferie, que le syndic communique sur demande. Sans eux, le calcul retombe sur des valeurs conventionnelles défavorables, qui coûtent souvent une classe entière.

Ce que cela change pour vendre

Trois effets, dans cet ordre. Le premier tient à l'audit énergétique : exigé à la vente d'un logement classé F ou G en monopropriété depuis avril 2023, et d'un logement classé E depuis janvier 2025. Un bien qui remonte au-dessus de ces seuils sort de l'obligation, et de la dépense qui va avec.

Le deuxième tient à l'annonce elle-même. La classe s'y affiche depuis juillet 2021, et la mention « logement à consommation énergétique excessive » accompagne obligatoirement les logements F et G depuis janvier 2022. Cette mention filtre les acquéreurs avant même la visite, et particulièrement les investisseurs, qui lisent d'abord le calendrier locatif.

Le troisième tient au prix. Les écarts que nous mesurons sur les ventes appariées à leur diagnostic sont plus contenus en collectif qu'en maison, mais ils existent : le détail figure sur notre page décote des passoires. Un reclassement gratuit ne se traduit pas mécaniquement par un prix plus élevé, mais il retire du dossier l'argument de négociation le plus commode.

Faut-il refaire son diagnostic ?

Dans la majorité des cas, non. Le diagnostic reste valable dix ans à compter de son établissement, et le recalcul lié au coefficient est gratuit, sans nouvelle visite. Trois situations justifient en revanche d'en commander un nouveau.

Des travaux ont été réalisés depuis la dernière visite : isolation, menuiseries, changement de générateur. Le gain se compte alors en une ou deux classes, bien au-delà de ce que le coefficient produit seul. Le diagnostic est expiré : ceux établis entre 2013 et 2017 sont tombés fin 2022, ceux établis entre janvier 2018 et juin 2021 le 31 décembre 2024. Le bien est mis en vente ou en location et son diagnostic approche des dix ans.

Le budget d'une nouvelle visite se situe entre 139 et 249 € pour un logement, selon le relevé ADEME de juillet 2025. Le détail des prestations et de ce qui les fait varier est réuni sur notre page prix d'un DPE.

Questions fréquentes sur le DPE 2026

Qu'est-ce qui a changé au 1er janvier 2026 ?
Un seul paramètre, mais un paramètre central : le coefficient qui convertit l'électricité consommée en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9, par l'arrêté du 13 août 2025. La part électrique de la consommation affichée sur l'étiquette baisse donc d'environ 17 %. Le reste de la méthode de calcul est inchangé, et les seuils des classes A à G n'ont pas bougé.
Mon logement va-t-il gagner une classe ?
Cela dépend de son chauffage et de sa position dans sa classe. Un logement chauffé à l'électricité, effet Joule ou pompe à chaleur, voit sa consommation affichée baisser : il gagne une classe s'il se trouvait dans le bas de la sienne, et reste où il est sinon. Un logement chauffé au gaz, au fioul, au bois ou par un réseau de chaleur ne bouge pas du tout.
Faut-il payer pour faire recalculer son étiquette ?
Non. Le recalcul lié au nouveau coefficient est gratuit et ne suppose aucune nouvelle visite : le diagnostic déjà établi reste valable pour la durée qui lui reste. Vous ne payez un nouveau diagnostic que dans trois cas : des travaux ont été réalisés depuis, le vôtre est expiré, ou il a plus de dix ans. Les durées exactes sont réunies sur notre page validité des diagnostics.
Un logement peut-il perdre une classe avec le nouveau calcul ?
Non. Le coefficient ne s'applique qu'à l'électricité et il diminue : la consommation en énergie primaire ne peut que baisser ou rester identique. Un point à connaître toutefois, la classe affichée est toujours la moins favorable des deux échelles, énergie et climat. Un logement dont l'étiquette est tenue par ses émissions de gaz à effet de serre ne gagnera rien, même chauffé à l'électricité.
Le calendrier des interdictions de location est-il modifié ?
Pas d'un jour. Les logements classés G sont sortis du marché locatif le 1er janvier 2025, les logements F suivront au 1er janvier 2028 et les logements E au 1er janvier 2034. Ce qui change en 2026, c'est la composition de ces groupes, pas les dates. Le détail figure sur notre calendrier des interdictions de location.
Que vaut l'estimation affichée par le comparateur de cette page ?
Un ordre de grandeur, explicitement indicatif. Le calcul applique le nouveau ratio à la consommation en énergie primaire enregistrée dans le registre national, ce qui constitue la borne haute de l'amélioration possible : dans un logement dont l'eau chaude sanitaire n'est pas électrique, le gain réel est plus faible. Seule l'attestation délivrée par l'ADEME fait foi.

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