Ce que dit l'étiquette B
Un logement classé B se situe entre de 71 à 110 kWh/m²/an en énergie primaire et de 7 à 11 kg CO₂/m²/an en émissions. Le rapport le qualifie de logement très performant.
B est la première lettre qui se gagne autant par l'énergie utilisée que par l'isolation. Le diagnostic croise deux échelles, la consommation d'énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre, et retient la moins favorable des deux. Un bâtiment correctement isolé mais chauffé au gaz plafonne souvent un cran plus bas, parce que c'est l'échelle climat qui décroche.
D'où le poids des réseaux de chaleur en Île-de-France. Le raccordement à un réseau urbain, alimenté sur une partie du territoire par la géothermie profonde du Bassin parisien et par la valorisation énergétique des déchets, tire l'échelle climat vers le haut. Des immeubles que leur seule isolation aurait laissés en dessous basculent ainsi en B sans avoir touché à leurs murs.
Le profil type francilien est un appartement de programme récent : chauffage collectif, ventilation mécanique, double vitrage d'origine, parties communes isolées à la construction. Dans l'ancien, la lettre B reste l'exception, car elle suppose une rénovation qui traite l'enveloppe, la ventilation et le générateur au cours de la même opération. Une copropriété vote rarement les trois en une fois.
Le poids de la classe B dans nos données
Notre extraction de la base ADEME porte sur 3 299 755 diagnostics, dont 95 288 en étiquette B, soit 2,9 % des logements diagnostiqués.
Attention à la lecture : ce chiffre décrit ce qui a été diagnostiqué depuis juillet 2021, donc pour l'essentiel des biens vendus ou remis en location, et non le parc de logements dans son ensemble. Le détail commune par commune permet de descendre au niveau d'un secteur précis.
Louer un logement classé B : ce que dit la loi
Oui, librement : ni interdiction, ni loyer gelé, ni pièce supplémentaire à remettre au locataire.
Aucune des échéances de la loi Climat et Résilience ne vise la lettre B, et le gel des loyers des passoires ne s'y applique pas. La révision annuelle suit l'indice de référence des loyers, sous réserve des plafonds d'encadrement en vigueur à Paris, à Plaine Commune et à Est Ensemble.
Toute l'agglomération parisienne est classée en zone tendue, ce qui change trois choses pour un bailleur, quelle que soit son étiquette : le préavis du locataire tombe à un mois, l'évolution du loyer à la relocation est encadrée, et la taxe sur les logements vacants peut être due si le bien reste inoccupé.
À la mise en location, l'annonce porte les deux lettres du diagnostic et l'estimation des dépenses annuelles d'énergie. Un logement classé B affiche une fourchette basse : c'est le seul endroit du dossier où la performance se traduit directement en euros pour le candidat locataire, et cela se remarque dans un secteur où les charges pèsent lourd.
Les échéances de la décence énergétique
- 1er janvier 2025 : Les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location.
- 1er janvier 2028 : Les logements classés F rejoindront cette interdiction.
- 1er janvier 2034 : Les logements classés E la rejoindront à leur tour.
Ces dates valent pour la France hexagonale, Île-de-France comprise. Les départements et régions d'outre-mer relèvent d'un calendrier distinct, décalé de plusieurs années.
Mettre en vente un logement classé B
Vendre un logement classé B ne demande aucun audit énergétique. Le diagnostic, valable dix ans, est annexé à la promesse puis à l'acte, et la lettre figure dans l'annonce dès sa mise en ligne. Rien d'autre ne s'ajoute au dossier au titre de la performance.
Sur le marché francilien, la lettre B pèse surtout par ce qu'elle évite. L'acquéreur n'a pas de travaux à provisionner, pas d'échéance de mise en location à surveiller, pas de calendrier d'assemblée générale à décrypter. Dans un immeuble où d'autres lots sont moins bien classés, un lot B se distingue nettement à l'annonce.
Un point à vérifier avant de publier : si votre immeuble dispose d'un diagnostic collectif, ses conclusions peuvent différer de votre diagnostic individuel, établi lot par lot. Les deux documents coexistent sans se contredire, mais un acquéreur qui découvre l'écart en cours de négociation le lira comme une mauvaise surprise. Mieux vaut l'expliquer d'emblée.
À partir de quand l'audit s'impose
- 1er avril 2023 : classes F et G.
- 1er janvier 2025 : classe E.
- 1er janvier 2034 : classe D.
Cette obligation ne vise que la monopropriété : maison individuelle ou immeuble détenu par un seul propriétaire. Un lot de copropriété, cas majoritaire à Paris et en petite couronne, y échappe. L'audit s'ajoute au DPE, il ne s'y substitue pas.
Faire remonter un logement classé B
Passer de B à A relève rarement du calcul économique. L'écart se joue sur des postes coûteux, ventilation double flux, remplacement du générateur, traitement des ponts thermiques, pour un gain de facture faible en valeur absolue puisque la consommation de départ est déjà basse.
Les gestes qui ont du sens sur cette lettre protègent l'existant et le confort d'été : occultations extérieures, entretien de la ventilation, régulation pièce par pièce, désembouage des réseaux. En copropriété, ces décisions se prennent en assemblée générale, et le plan pluriannuel de travaux est le bon endroit pour les inscrire à l'avance.
Si le logement est chauffé collectivement, votre lettre dépend d'un équipement qui ne vous appartient pas. Le seul levier vraiment individuel devient alors le remplacement des menuiseries, quand le règlement de copropriété et l'aspect de la façade le permettent, ce qui n'est pas acquis dans les secteurs protégés de Paris et des centres anciens.
Deux réflexes avant d'engager la moindre dépense : passer par le simulateur pour situer l'ordre de grandeur, et interroger la base ADEME à l'adresse pour voir si un diagnostic y figure déjà. En copropriété, il vaut la peine de demander au syndic si un DPE collectif a été voté.
Les sept seuils, de A à G
| Classe | Énergie (kWh/m²/an) | Climat (kg CO₂/m²/an) |
|---|---|---|
| Classe A | jusqu'à 70 | jusqu'à 6 |
| Classe B | de 71 à 110 | de 7 à 11 |
| Classe C | de 111 à 180 | de 12 à 30 |
| Classe D | de 181 à 250 | de 31 à 50 |
| Classe E | de 251 à 330 | de 51 à 70 |
| Classe F | de 331 à 420 | de 71 à 100 |
| Classe G | plus de 420 | plus de 100 |
Des deux échelles, c'est toujours la moins favorable qui donne l'étiquette. Deux correctifs à connaître : l'arrêté du 25 mars 2024 a desserré les seuils sous 40 m², ce qui concerne une large part des studios franciliens, et le calcul de la part électrique a évolué au 1er janvier 2026.