Ce que dit l'étiquette C
Un logement classé C se situe entre de 111 à 180 kWh/m²/an en énergie primaire et de 12 à 30 kg CO₂/m²/an en émissions. Le rapport le qualifie de logement performant.
C décrit un logement dont l'enveloppe tient et dont le chauffage n'est pas aberrant, sans qu'aucun des deux ne soit exemplaire. Concrètement : des murs isolés ou une inertie suffisante, du double vitrage partout, une chaudière récente ou un raccordement collectif, et une ventilation qui fonctionne réellement.
En Île-de-France, la lettre couvre deux parcs très différents. D'un côté les immeubles des années 1980 et 1990, isolés dès la construction, dont la chaudière a été remplacée une ou deux fois depuis. De l'autre des copropriétés bien plus anciennes qui ont mené une rénovation d'ampleur : isolation par l'extérieur quand la façade s'y prête, par l'intérieur sinon, avec les menuiseries et la chaufferie repris dans la foulée.
C'est aussi la lettre où l'écart entre deux logements du même immeuble devient visible. Un lot en dernier étage sous une toiture non isolée, ou un lot d'angle exposé au nord, décroche d'un cran par rapport au reste de la cage, à équipements identiques. Le diagnostic s'établit lot par lot, jamais immeuble par immeuble.
Le poids de la classe C dans nos données
Notre extraction de la base ADEME porte sur 3 299 755 diagnostics, dont 1 109 799 en étiquette C, soit 33,6 % des logements diagnostiqués.
Attention à la lecture : ce chiffre décrit ce qui a été diagnostiqué depuis juillet 2021, donc pour l'essentiel des biens vendus ou remis en location, et non le parc de logements dans son ensemble. Le détail commune par commune permet de descendre au niveau d'un secteur précis.
Louer un logement classé C : ce que dit la loi
Oui, sans restriction : aucune échéance connue de la décence énergétique n'atteint cette lettre.
Le calendrier de la loi Climat et Résilience s'arrête aux logements E, au 1er janvier 2034. Un logement classé C est donc hors champ, et le gel des loyers réservé aux lettres F et G ne le concerne pas : révision annuelle, relocation et renouvellement relèvent du droit commun du bail.
Le point de vigilance n'est pas la loi, c'est le diagnostic lui-même. Un logement C proche de la borne basse de sa classe peut ressortir un cran plus bas au diagnostic suivant, après une correction de la surface retenue ou une visite plus détaillée. Tant que la lettre reste au-dessus de E, aucune conséquence locative n'en découle.
En copropriété, un document nouveau éclaire désormais la discussion : toutes les copropriétés à usage principal d'habitation dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013 doivent disposer d'un diagnostic de performance énergétique collectif. Celles de plus de 200 lots depuis le 1er janvier 2024, celles de 51 à 200 lots depuis le 1er janvier 2025, les autres depuis le 1er janvier 2026.
Les échéances de la décence énergétique
- 1er janvier 2025 : Les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location.
- 1er janvier 2028 : Les logements classés F rejoindront cette interdiction.
- 1er janvier 2034 : Les logements classés E la rejoindront à leur tour.
Ces dates valent pour la France hexagonale, Île-de-France comprise. Les départements et régions d'outre-mer relèvent d'un calendrier distinct, décalé de plusieurs années.
Mettre en vente un logement classé C
Aucun audit énergétique n'est requis pour vendre un logement classé C. Le calendrier de l'audit s'arrête pour l'instant à la lettre D, visée au 1er janvier 2034, et il ne s'applique de toute façon qu'aux biens en monopropriété.
À la vente, la lettre C se comporte comme une absence de problème plutôt que comme un argument. Elle ne crée pas de prime, elle retire la question des travaux de la discussion. En petite couronne, où les acquéreurs négocient de plus en plus sur le devis de rénovation qui les attend, c'est précisément cette question en moins qui compte.
Le dossier gagne à porter deux pièces au-delà du diagnostic : les procès-verbaux d'assemblée générale des trois dernières années et, s'il existe, le plan pluriannuel de travaux de la copropriété. Un acquéreur qui voit ce que l'immeuble a déjà voté cesse de provisionner au hasard, et la négociation se raccourcit.
À partir de quand l'audit s'impose
- 1er avril 2023 : classes F et G.
- 1er janvier 2025 : classe E.
- 1er janvier 2034 : classe D.
Cette obligation ne vise que la monopropriété : maison individuelle ou immeuble détenu par un seul propriétaire. Un lot de copropriété, cas majoritaire à Paris et en petite couronne, y échappe. L'audit s'ajoute au DPE, il ne s'y substitue pas.
Faire remonter un logement classé C
Sur un logement C, la question n'est plus réglementaire, elle est économique. Le gain de facture d'un passage à la lettre supérieure se calcule, et il ne justifie une opération lourde que si un poste arrive de toute façon en fin de vie : une chaudière, une toiture, un ravalement déjà programmé.
L'ordre qui fonctionne en copropriété francilienne est presque toujours le même : traiter l'enveloppe avant le générateur. Une chaudière ou une pompe à chaleur dimensionnée sur un bâtiment non isolé se retrouve surdimensionnée après isolation, fonctionne par à-coups et rend moins que ce que le devis promettait.
Le levier collectif à surveiller reste le plan pluriannuel de travaux, obligatoire dans les copropriétés de plus de quinze ans, et le fonds de travaux qui l'accompagne. C'est là que se décide, plusieurs exercices à l'avance, ce qui fera bouger la lettre de tous les lots en même temps.
Deux réflexes avant d'engager la moindre dépense : passer par le simulateur pour situer l'ordre de grandeur, et interroger la base ADEME à l'adresse pour voir si un diagnostic y figure déjà. En copropriété, il vaut la peine de demander au syndic si un DPE collectif a été voté.
Les sept seuils, de A à G
| Classe | Énergie (kWh/m²/an) | Climat (kg CO₂/m²/an) |
|---|---|---|
| Classe A | jusqu'à 70 | jusqu'à 6 |
| Classe B | de 71 à 110 | de 7 à 11 |
| Classe C | de 111 à 180 | de 12 à 30 |
| Classe D | de 181 à 250 | de 31 à 50 |
| Classe E | de 251 à 330 | de 51 à 70 |
| Classe F | de 331 à 420 | de 71 à 100 |
| Classe G | plus de 420 | plus de 100 |
Des deux échelles, c'est toujours la moins favorable qui donne l'étiquette. Deux correctifs à connaître : l'arrêté du 25 mars 2024 a desserré les seuils sous 40 m², ce qui concerne une large part des studios franciliens, et le calcul de la part électrique a évolué au 1er janvier 2026.