Ce qui pèse vraiment sur un bien francilien
Trois aléas reviennent presque systématiquement dans la région, et aucun des trois ne se voit à la visite.
Le premier est le retrait-gonflement des argiles. Les sols argileux perdent du volume pendant les épisodes secs, puis le regagnent avec les pluies. Une maison posée dessus encaisse des mouvements différentiels, et cela finit en fissures obliques aux angles des ouvertures. Ce mécanisme est devenu l'un des premiers postes d'indemnisation en catastrophe naturelle. Depuis la loi ELAN, une étude géotechnique accompagne la vente d'un terrain constructible situé en zone d'exposition moyenne ou forte.
Le deuxième est l'inondation. La crue de 1910 reste la référence de dimensionnement des plans de prévention en vallée de Seine, et la mémoire du risque compte autant que la carte : un rez-de-chaussée aménagé, un sous-sol transformé en pièce de vie ou un parking enterré changent l'exposition réelle du bien. Aux débordements de cours d'eau s'ajoutent le ruissellement urbain, sur des sols largement imperméabilisés, et les remontées de nappe dans les points bas.
Le troisième est le sous-sol lui-même. Une partie de la capitale et de sa proche banlieue repose sur d'anciennes carrières de calcaire et de gypse, exploitées puis abandonnées, et suivies aujourd'hui par les services d'inspection des carrières. Selon la commune, cet héritage apparaît sous la forme d'un aléa mouvement de terrain, avec des prescriptions qui conditionnent le permis de construire et les travaux de fondation.
Le zonage sismique, et pourquoi il compte peu ici
La réglementation découpe le territoire en cinq niveaux, fixés par décret. Ce découpage ne prédit aucun séisme : il détermine les règles parasismiques applicables au neuf et aux extensions importantes. L'Île-de-France se situe au bas de cette échelle, ce qui n'en dispense pas la mention dans le dossier.
| Niveau | Intitulé | Territoires concernés |
|---|---|---|
| 1 | Très faible | Île-de-France, Bassin parisien, Aquitaine, cœur de la Bretagne |
| 2 | Faible | Grande part du Massif central et du quart nord-est |
| 3 | Modérée | Sillon rhodanien, Alsace, côte vendéenne, Provence |
| 4 | Moyenne | Alpes du Nord, centre des Pyrénées, fossé rhénan |
| 5 | Forte | Antilles françaises, et elles seules |
Le radon, un gaz de sous-sol lu en trois classes
Le radon provient de la désintégration naturelle de l'uranium contenu dans les roches, en particulier les formations granitiques. Il migre vers la surface, puis s'accumule là où l'air circule mal : caves, vides sanitaires, rez-de-chaussée peu ventilés. Les communes sont réparties en trois classes de potentiel, de la plus faible à la plus significative, et cette classe figure sur la fiche de chaque commune.
Une classe élevée ne qualifie pas un logement, seulement le terrain qui le porte. Le geste utile est un mesurage sur plusieurs mois de chauffe, avant toute décision de travaux ; si le seuil de référence est franchi, la réponse commence presque toujours par la ventilation et l'étanchement des liaisons avec le sol.
L'État des Risques : contenu, délai, coût
L'État des Risques et Pollutions rassemble ces éléments pour une adresse donnée. Deux points en font un diagnostic à part. Il doit avoir moins de six mois au moment de la signature, ce qui interdit de recycler celui d'une transaction précédente. Et il se remet dès la première visite, avant même toute offre, alors que les autres pièces du dossier technique n'arrivent qu'au compromis.
Côté coût, la matière première est publique : ERRIAL, adossé à Géorisques, produit gratuitement un document à partir de l'adresse. Ce qui se paie chez un professionnel, c'est le contrôle du résultat, la datation, l'intégration au dossier de diagnostic technique et la responsabilité engagée sur le document annexé. Dans une vente francilienne, l'ERP part rarement seul : il accompagne le DPE, l'amiante et le plomb, souvent aussi l'électricité et le gaz. Voir les diagnostiqueurs certifiés pour l'ERP.
Questions fréquentes
Où voir les risques recensés sur ma commune francilienne ?
Quel aléa revient le plus souvent dans un dossier francilien ?
Un niveau sismique bas dispense-t-il de le mentionner ?
Que faire si ma commune est classée en potentiel radon 3 ?
Peut-on établir soi-même son état des risques ?
À quel moment l'État des Risques doit-il être remis ?
Origine des données
Les aléas, arrêtés de catastrophe naturelle et installations classées affichés sur nos fiches communales proviennent de Géorisques, le portail de l'État consacré aux risques majeurs, et sont resynchronisés régulièrement. Notre apport n'est pas de dupliquer ce service : c'est de traduire ses données en conséquences concrètes pour une vente ou une location en Île-de-France.