IDF Diag

Article · publié le 6 octobre 2026

Encadrement des loyers à Paris : ce que le DPE change pour les bailleurs

À Paris, louer un logement ne se résume pas à fixer un prix : l'encadrement des loyers plafonne le montant, et le DPE conditionne même le droit de louer. Entre loyer de référence, complément de loyer et interdiction des passoires, un bailleur parisien doit tenir ensemble plusieurs règles. Voici le mode d'emploi 2026.

Écrit par Paul Arrial · Co-fondateur de FutureFrame · Expert investissement immobilier

L'encadrement des loyers à Paris est en vigueur et structure le marché locatif de la capitale. Pour un bailleur, il se combine avec les règles issues du DPE : le diagnostic détermine à la fois si le logement peut être loué et, dans certains cas, l'évolution possible du loyer. Faisons le point.

Le principe de l'encadrement parisien

À Paris, ville en zone tendue, le loyer d'un logement mis en location ne peut dépasser un loyer de référence majoré, fixé par arrêté préfectoral selon le quartier, l'époque de construction, le nombre de pièces et le caractère meublé ou non. Le bail doit mentionner ce loyer de référence et le loyer de référence majoré applicables.

Un complément de loyer peut s'ajouter pour des caractéristiques exceptionnelles du logement (vue, terrasse, prestations rares), mais il est strictement encadré et contestable par le locataire.

Le DPE, condition du droit de louer

Avant même la question du montant, le DPE conditionne le droit de mettre en location :

  • depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail ;
  • les logements classés F suivront au 1er janvier 2028 ;
  • les logements E au 1er janvier 2034.

Un logement décent doit respecter un seuil de performance énergétique minimal. À Paris, où le parc ancien est important, de nombreux studios et petites surfaces sont concernés : notre article sur le DPE des petites surfaces parisiennes détaille ce point sensible.

DPE et gel des loyers des passoires

Le lien entre encadrement et DPE va plus loin. Pour les logements classés F ou G, le loyer est gelé : il ne peut être augmenté ni lors du renouvellement du bail, ni entre deux locataires, tant que le logement reste une passoire thermique. Un bailleur parisien détenant un F ne peut donc pas revaloriser son loyer sans avoir d'abord amélioré la performance du bien.

Ce que le bailleur doit vérifier avant de louer

  1. Le DPE en cours de validité : établi depuis le 1er juillet 2021, valable 10 ans, avec une classe autorisant la location.
  2. Le loyer de référence majoré du quartier, à ne pas dépasser.
  3. La justification d'un éventuel complément de loyer, si les caractéristiques du bien le permettent.
  4. Les diagnostics annexes remis au locataire : surface habitable, état des risques, plomb pour le bâti d'avant 1949, électricité et gaz.

Le dossier remis au locataire rassemble ces documents ; un manquement expose le bailleur à des recours.

Meublé, mobilité, colocation

L'encadrement s'applique aux locations vides comme meublées, avec des loyers de référence distincts. Le bail mobilité et la colocation ont leurs règles propres, mais le plafond de loyer et l'exigence de DPE valide demeurent. Dans tous les cas, le permis de louer, instauré dans certains secteurs, peut imposer une autorisation préalable.

En pratique à Paris

Pour un bailleur parisien, la séquence est claire : vérifier la classe DPE (donc le droit de louer et le gel éventuel du loyer), puis caler le loyer sur le loyer de référence majoré. Un logement performant se loue plus vite, plus cher dans la limite du plafond, et sans risque d'interdiction future. La page de la ville de Paris et celle du loyer à Paris donnent des repères locaux.

Que risque un bailleur qui dépasse le plafond ?

Le non-respect de l'encadrement des loyers n'est pas sans conséquence. Un locataire qui constate un loyer supérieur au loyer de référence majoré peut en demander la diminution, à l'amiable ou devant la commission de conciliation, puis le juge. Le bailleur peut être condamné à rembourser le trop-perçu et, selon les cas, s'exposer à une amende administrative. À Paris, des contrôles existent et le dispositif est suivi de près. Fixer un loyer conforme dès le départ, en s'appuyant sur les loyers de référence publiés, évite ces litiges et sécurise la relation locative sur toute la durée du bail.

Le cas de la première mise en location

Un logement mis en location pour la première fois, ou reloué après des travaux d'amélioration importants, obéit aux mêmes règles d'encadrement, avec quelques particularités sur le loyer de base. Le DPE reste dans tous les cas déterminant : un logement neuf ou fraîchement rénové affichera une bonne classe et échappera au gel des loyers réservé aux passoires. C'est un argument de plus pour engager des travaux avant de louer : au-delà de la conformité réglementaire, un bon DPE conditionne la liberté de fixer et de faire évoluer le loyer dans les limites de l'encadrement. Le dossier de diagnostics complet reste la base de toute mise en location.

Meublé, colocation et location courte durée

L'encadrement parisien s'applique aux locations vides comme meublées, avec des loyers de référence propres à chaque catégorie : un meublé bénéficie d'un loyer de référence légèrement supérieur, correspondant au service rendu. La colocation à baux multiples et le bail mobilité ont leurs règles spécifiques, mais le plafond de loyer et l'exigence d'un DPE valide s'imposent dans tous les cas.

La location de courte durée de type meublé touristique fait, elle, l'objet d'une réglementation distincte à Paris, avec des obligations de déclaration et des limites de durée. Quel que soit le régime choisi, un point demeure constant : un logement classé G ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail d'habitation depuis 2025, et le calendrier se durcira pour les F en 2028 et les E en 2034. Avant d'arbitrer entre les différentes formes de location, un bailleur parisien a donc intérêt à connaître précisément la classe DPE de son bien, car elle conditionne à la fois le droit de louer et la liberté de fixer le loyer.

À retenir pour le bailleur parisien

À Paris, louer suppose de tenir deux exigences à la fois : respecter le loyer de référence majoré de l'encadrement, et disposer d'un DPE autorisant la location. Le diagnostic conditionne le droit de louer et, pour les passoires, gèle le loyer. Un bailleur avisé vérifie donc d'abord la classe énergétique de son bien, puis cale son loyer sur le plafond applicable. Un logement performant se loue vite, sans risque d'interdiction future ni de contestation. Anticiper la rénovation d'un logement classé F ou G est la meilleure façon de préserver sa liberté locative et la valeur de son bien dans la durée.

Besoin d'un diagnostic fiable et rapide dans ce secteur ? Demandez votre devis : nous vous mettons en relation avec un diagnostiqueur certifié proche de votre bien, sous 24 à 48 heures.

Questions fréquentes

L'encadrement des loyers s'applique-t-il partout à Paris ?

Oui, l'encadrement des loyers est applicable à l'ensemble de la commune de Paris, ville en zone tendue. Chaque location est soumise à un loyer de référence majoré à ne pas dépasser, fixé par arrêté selon le quartier, l'époque de construction et le type de logement.

Puis-je augmenter le loyer d'un logement classé F à Paris ?

Non tant qu'il reste une passoire thermique. Le loyer des logements classés F ou G est gelé : il ne peut être augmenté ni au renouvellement du bail ni entre deux locataires, jusqu'à ce que la performance énergétique soit améliorée.

Un logement classé G peut-il encore être loué à Paris ?

Non pour un nouveau bail : depuis le 1er janvier 2025, la location d'un logement classé G est interdite. Les classes F seront concernées au 1er janvier 2028 et les E au 1er janvier 2034.

Qu'est-ce que le complément de loyer ?

C'est un supplément au loyer de référence majoré, admis uniquement pour des caractéristiques exceptionnelles du logement (par exemple une vue ou une terrasse rares). Il est strictement encadré et le locataire peut le contester.

Pour aller plus loin

Besoin d'un diagnostiqueur certifié ?

Comparez gratuitement les devis de professionnels certifiés près de chez vous : DPE, audit énergétique, amiante, plomb. Sans engagement.

Sources

Chiffres IDF Diag : base ADEME Observatoire DPE-Audit et DVF, Licence Etalab 2.0, recalculés quotidiennement.