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Donnée de référence · août 2026

Interdictions de louer : le calendrier, classe par classe

Un logement classé G ne peut plus être proposé à la location depuis le 1er janvier 2025, un logement F ne le pourra plus au 1er janvier 2028 et un logement E au 1er janvier 2034. Aucune échéance nouvelle ne tombe en 2026.

Le calendrier tient en trois dates, mais il s'accompagne d'obligations qui, elles, s'appliquent déjà et concernent des propriétaires qui ne se pensent pas visés. Les deux tableaux ci-dessous les séparent.

Écrit par Paul Arrial · Co-fondateur de FutureFrame · Expert investissement immobilier

Le calendrier de la décence énergétique

Le calendrier de la décence énergétique
DateCe qui devient impossible à louerTexte
1er janvier 2023les logements consommant plus de 450 kWh d'énergie finale par m² et par an, en France métropolitainedécret n° 2021-19 du 11 janvier 2021
1er janvier 2025les logements classés Gloi n° 2021-1104 du 22 août 2021
1er janvier 2028les logements classés Floi n° 2021-1104 du 22 août 2021
1er janvier 2034les logements classés Eloi n° 2021-1104 du 22 août 2021
  • L'interdiction porte sur les nouveaux contrats, les renouvellements et les reconductions tacites : un bail en cours n'est pas rompu par l'échéance.
  • Le locataire d'un logement qui ne remplit pas le critère peut saisir le juge d'une demande de mise en conformité ; celui-ci peut réduire ou suspendre le loyer jusqu'à la réalisation des travaux.
  • Le seuil de 2023 est exprimé en énergie finale, les suivants en classes du diagnostic : ce sont deux mesures différentes, la première ne se déduit pas des secondes.

Les obligations déjà en vigueur, attachées à l'étiquette

Les obligations déjà en vigueur, attachées à l'étiquette
ObligationDepuisQui est concerné
Affichage de la classe dans l'annonce1er juillet 2021toute annonce de vente ou de location d'un logement
Opposabilité du diagnostic1er juillet 2021vendeurs et bailleurs, qui répondent du contenu du document
Mention « logement à consommation énergétique excessive » dans l'annonce1er janvier 2022annonces portant sur un logement classé F ou G
Gel du loyer24 août 2022logements F et G : ni révision annuelle, ni complément de loyer, ni réévaluation entre deux locataires
Audit énergétique à la venteavril 2023 pour les classes F et G, janvier 2025 pour la classe Evente d'un logement en monopropriété
Plan pluriannuel de travaux1er janvier 2025copropriétés de plus de quinze ans
  • Le gel du loyer s'applique en France métropolitaine et vise aussi bien la révision annuelle que la réévaluation lors d'un changement de locataire.
  • L'audit énergétique n'est pas exigé pour louer : il conditionne la vente d'un logement classé E, F ou G détenu en monopropriété.

Ce que « interdit à la location » signifie exactement

Le mécanisme ne passe pas par une sanction administrative mais par la définition du logement décent. À compter de chaque échéance, un logement de la classe visée cesse de remplir le critère de performance énergétique auquel la loi subordonne la décence. Il ne peut donc plus faire l'objet d'un nouveau bail, d'un renouvellement ni d'une reconduction tacite.

Un bail en cours n'est pas rompu par l'échéance, et aucun locataire n'a à quitter son logement de ce fait. En revanche, le locataire en place peut demander au bailleur la mise en conformité, puis saisir le juge, qui dispose du pouvoir de réduire le loyer ou d'en suspendre le paiement jusqu'à la réalisation des travaux.

Le champ couvert est celui des locations à usage de résidence principale, vides ou meublées. Il s'étend au bail mobilité et à la colocation. Certaines situations restent hors du dispositif, notamment lorsque des contraintes architecturales, patrimoniales ou techniques rendent les travaux impossibles : ces exceptions se prouvent, elles ne se présument pas.

2026 ne crée aucune échéance, mais déplace des logements

Aucune classe ne sort du marché locatif en 2026. L'année n'en est pas neutre pour autant, car depuis le 1er janvier le coefficient qui convertit l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. La consommation affichée des logements chauffés à l'électricité baisse d'environ 17 %, et une partie de ceux qui étaient classés F ou G rejoint la classe supérieure.

Pour un bailleur concerné, la conséquence est directe : un logement qui sort du champ des passoires sort du calendrier. Le recalcul est gratuit et ne suppose aucune nouvelle visite. Il ne change en revanche rien pour les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois, qui restent exactement où ils étaient.

2026 est aussi la dernière ligne droite avant l'échéance des logements F, en 2028. Une rénovation d'ampleur en copropriété se vote, se finance et se réalise rarement en moins de deux ans : les assemblées générales de 2026 et 2027 sont celles qui décideront de l'état du parc F au moment où l'interdiction tombera.

Ce que le calendrier signifie dans une région en zone tendue

L'agglomération francilienne est classée en zone tendue, et une partie de ses communes applique en outre l'encadrement des loyers. Un logement qui perd le droit d'être loué ne se reloue donc pas ailleurs : la contrainte n'est pas déplaçable, elle est absolue pour le bien concerné.

S'y ajoute une difficulté propre au parc collectif, qui domine ici. Un propriétaire de lot ne décide pas seul de l'isolation de la façade ni du remplacement de la chaufferie : ces travaux relèvent de l'assemblée générale. Un bailleur peut donc se trouver dans l'impossibilité matérielle de sortir son logement de la classe F alors même que l'échéance approche, faute de majorité dans son immeuble.

Deux leviers restent individuels et méritent d'être examinés avant tout : le remplacement des menuiseries et l'isolation des parois donnant sur des locaux non chauffés, qui relèvent des parties privatives. Ils suffisent rarement à eux seuls pour un logement classé G, mais font parfois basculer un F.

Ce qui est acquis, et ce qui ne l'est pas

Les quatre dates du premier tableau sont issues de textes votés et publiés : elles constituent le droit en vigueur. Des propositions visant à aménager ce calendrier sont régulièrement déposées et débattues. Tant qu'un texte n'est pas voté et publié, il ne modifie rien, et le calendrier ci-dessus reste celui qui s'applique.

La bonne façon de se préparer ne consiste donc pas à parier sur un report, mais à connaître la classe réelle de son logement et à savoir ce qui la détermine. Un diagnostic établi avant le 1er juillet 2021 est expiré et ne renseigne plus sur rien. Un diagnostic récent mais réalisé sans les relevés de la chaufferie collective peut sous-évaluer le logement d'une classe entière.

À retenir

  • Trois échéances structurent le calendrier : les logements G depuis le 1er janvier 2025, les logements F au 1er janvier 2028, les logements E au 1er janvier 2034.
  • L'interdiction vise les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions tacites : un contrat en cours n'est pas rompu par l'échéance.
  • Le gel du loyer des logements F et G s'applique, lui, depuis le 24 août 2022 : ni révision annuelle, ni réévaluation entre deux locataires.

Questions fréquentes

Un logement classé F peut-il encore être loué aujourd'hui ?

Oui, jusqu'au 1er janvier 2028. À cette date, un logement classé F cessera de remplir le critère de performance énergétique de la décence : il ne pourra plus faire l'objet d'un nouveau bail, d'un renouvellement ni d'une reconduction tacite. Le gel du loyer, lui, s'applique déjà aux logements F et G depuis le 24 août 2022.

Que se passe-t-il pour un bail en cours au moment de l'échéance ?

Il n'est pas rompu et le locataire n'a pas à partir. Mais il ne pourra pas être renouvelé ni reconduit tacitement dans les mêmes termes, et le locataire en place peut demander la mise en conformité du logement, puis saisir le juge, qui a le pouvoir de réduire le loyer ou d'en suspendre le paiement jusqu'à la réalisation des travaux.

La révision du calcul de 2026 peut-elle sortir mon logement du calendrier ?

Seulement s'il est chauffé à l'électricité. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9, ce qui abaisse d'environ 17 % la consommation affichée de ces logements et fait changer de classe une partie d'entre eux. Le recalcul est gratuit et ne suppose aucune nouvelle visite. Les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne sont pas concernés.

Un copropriétaire peut-il agir seul sur la classe de son logement ?

Partiellement. Le remplacement des menuiseries et l'isolation des parois donnant sur des locaux non chauffés relèvent des parties privatives et se décident seul. L'isolation de la façade, la toiture et le remplacement de la chaufferie relèvent de l'assemblée générale. C'est la principale difficulté du parc collectif face au calendrier, et la raison pour laquelle le plan pluriannuel de travaux, obligatoire depuis le 1er janvier 2025 dans les copropriétés de plus de quinze ans, est le document à faire inscrire à l'ordre du jour.

Pour aller plus loin

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Sources

Données IDF Diag : base ADEME Observatoire DPE-Audit, Licence Etalab 2.0. Chiffres du millésime indiqué, arrêtés au août 2026 ; la page est revue à chaque nouveau millésime.