Énergie primaire et énergie finale
Aussi appelé : énergie primaire, énergie finale, coefficient 2,3
L'énergie finale est celle qui entre dans le logement ; l'énergie primaire y ajoute les pertes de production et de transport, et c'est elle que l'étiquette affiche.
Écrit par François-Xavier Tournut · Expert immobilier
Un même logement porte deux consommations, exprimées dans deux unités qui ne se comparent pas. Confondre les deux conduit à des conclusions fausses sur sa situation réglementaire.
Les deux notions
L'énergie finale est celle qui est facturée : les kilowattheures qui passent le compteur. L'énergie primaire y ajoute ce qu'il a fallu dépenser en amont pour produire et acheminer cette énergie jusqu'au logement.
L'arrêté du 31 mars 2021 fixe le coefficient de conversion à 2,3 pour l'électricité et à 1 pour les autres vecteurs. Autrement dit, 1 kWh d'électricité consommé chez vous compte pour 2,3 kWh dans l'étiquette, tandis que 1 kWh de gaz compte pour 1.
Ce que cela change à la lecture d'un DPE
L'étiquette énergie s'exprime en énergie primaire. Le seuil de décence de 450 kWh par mètre carré et par an, en vigueur depuis le 1er janvier 2023, s'exprime en énergie finale. Ce sont deux chiffres différents pour le même logement, et le rapport les affiche tous les deux.
Conséquence pratique : un logement peut respecter le seuil de 450 kWh en énergie finale et rester classé G, parce que sa consommation en énergie primaire dépasse la borne de la classe. L'interdiction de louer suit la classe, pas le seuil de 450.
Le cas des studios chauffés à l'électricité
Le sujet est massif en Île-de-France. Beaucoup de petits logements parisiens sont chauffés par convecteurs électriques, souvent dans des immeubles anciens mal isolés. Le coefficient de 2,3 multiplie mécaniquement leur consommation affichée, et les fait ressortir en F ou en G alors que leur facture reste modérée du fait de la surface.
Deux leviers existent alors : réduire le besoin, par l'isolation et le traitement des ponts thermiques, ou améliorer le rendement du chauffage. Changer un convecteur pour un appareil plus récent ne modifie presque pas le calcul, puisque le rendement d'un chauffage électrique direct est déjà proche de 1.
Le raccordement à un réseau de chaleur, quand il existe dans l'immeuble, obéit à une logique différente.
Questions fréquentes
Pourquoi l'électricité est-elle pénalisée dans le DPE ?
Parce que l'étiquette compte l'énergie primaire : l'arrêté du 31 mars 2021 applique un coefficient de 2,3 à l'électricité, contre 1 aux autres énergies.
Le seuil de 450 kWh correspond-il à la classe G ?
Non. Ce seuil de décence s'exprime en énergie finale, alors que la classe se lit en énergie primaire. Un logement peut passer sous 450 kWh et rester classé G.
Sources officielles
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