IDF Diag

Donnée de référence · 4 juillet 2026

Coût annuel d'énergie par classe : les médianes du parc diagnostiqué

Le coût annuel d'énergie estimé au diagnostic passe de 554 € en médiane pour un logement A à 2 501 € pour un logement G, soit 1 947 € d'écart par an entre les deux extrémités de l'échelle, et 1 307 € entre un G et un D.

Le diagnostic chiffre cinq usages réglementaires : chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage et auxiliaires. Les médianes ci-dessous portent sur l'ensemble de la base nationale de l'ADEME, tous types de logements et toutes surfaces confondus, et non sur le seul parc francilien.

Écrit par François-Xavier Tournut · Expert immobilier

Coût annuel d'énergie médian par classe

Coût annuel d'énergie médian par classe
ClasseCoût annuel médianÉcart avec un logement DÉnergie primaire
A554 €-640 €jusqu'à 70 kWh/m²/an
B680 €-514 €de 71 à 110 kWh/m²/an
C824 €-370 €de 111 à 180 kWh/m²/an
D1 194 €référencede 181 à 250 kWh/m²/an
E1 536 €+342 €de 251 à 330 kWh/m²/an
F2 036 €+842 €de 331 à 420 kWh/m²/an
G2 501 €+1 307 €au-delà de 420 kWh/m²/an
  • Médiane du coût estimé par le professionnel au moment d'établir le diagnostic, aux prix de l'énergie d'alors : un ordre de grandeur, jamais une facture prévisionnelle.
  • Seuils d'énergie primaire de la méthode en vigueur depuis le 1er juillet 2021, pour un logement d'au moins 40 mètres carrés.
  • L'étiquette retenue est toujours la moins favorable des deux échelles, énergie et climat : un logement peut rester classé F par ses émissions alors que sa consommation le situerait en E.

Les seuils desserrés sous 40 mètres carrés

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Les seuils desserrés sous 40 mètres carrés
SurfacePlafond de la classe Ade la classe Cde la classe Ede la classe F
8 m²146386622739
10 m²124329533640
15 m²100263421514
20 m²88230385476
25 m²81210363454
30 m²76197349439
35 m²73188338428
40 m² et au-delà70180330420
  • Plafonds en kilowattheures d'énergie primaire par mètre carré et par an, points d'ancrage de l'arrêté du 25 mars 2024, applicable depuis le 1er juillet 2024 aux logements situés à moins de 800 mètres d'altitude. Entre deux lignes, le seuil s'interpole.
  • Lecture : un studio de 20 mètres carrés reste classé E jusqu'à 385 kWh/m²/an, là où un logement de 40 mètres carrés bascule en F dès 331.
  • Motif de la correction : la méthode de calcul pénalisait mécaniquement les petits logements, l'eau chaude sanitaire et la compacité pesant proportionnellement plus lourd sur une faible surface.

Ce que le chiffre mesure exactement

Le montant qui figure sur un diagnostic n'est pas un relevé de facture : c'est une estimation conventionnelle. Le calcul part des caractéristiques du bâti et des équipements, applique un scénario d'occupation standard, une température de consigne réglementaire et un climat de référence, puis valorise le résultat au prix de l'énergie retenu à la date d'établissement.

Cette convention est ce qui rend deux logements comparables. Elle est aussi ce qui empêche le chiffre de coïncider avec une facture réelle, laquelle dépend du nombre d'occupants, de leurs horaires, de leur tolérance au froid, de leur contrat de fourniture et de l'évolution des prix depuis la visite.

Les médianes ci-dessus portent sur l'ensemble du parc diagnostiqué, toutes surfaces et tous types confondus. Un logement de 30 mètres carrés classé G n'atteint évidemment pas 2 501 € par an : c'est l'ordre de grandeur des écarts entre classes qui est significatif, pas le montant absolu appliqué à un bien particulier.

L'écart se creuse à partir de la classe E

De A à C, les écarts restent contenus : 270 € séparent la médiane d'un logement A de celle d'un logement C. Le décrochage intervient ensuite. Un logement E coûte déjà 342 € de plus par an qu'un D, un F 842 €, un G 1 307 €. Autrement dit, l'essentiel de la dépense évitable se concentre sur les trois dernières classes.

Ce profil n'est pas un artefact statistique, il découle des seuils eux-mêmes. Les classes du bas de l'échelle sont larges en énergie primaire, et la classe G n'a aucune borne supérieure : elle rassemble aussi bien un logement à 430 kWh/m²/an qu'un logement à 700. La médiane de cette classe masque donc une dispersion beaucoup plus forte que celle des autres.

Pour un propriétaire, la conséquence pratique est que le premier gain de classe est le plus rentable en euros. Sortir un logement de G vers E rapporte davantage sur la facture que de le faire passer de C à B, alors que le second chantier est souvent plus coûteux.

Petites surfaces et chauffage collectif : deux particularités franciliennes

La première tient à la taille des logements. Studios et deux-pièces sont surreprésentés dans le parc dense, et le second tableau explique pourquoi cela compte : depuis l'arrêté du 25 mars 2024, un logement de 20 mètres carrés bénéficie de seuils sensiblement plus élevés qu'un logement de 40. Une partie des petites surfaces a ainsi quitté le champ des passoires sans qu'aucun travaux n'ait été engagé, par le seul effet de la correction d'un biais de méthode.

La seconde tient au chauffage collectif, très répandu en copropriété. La consommation retenue pour un lot provient alors des relevés de la chaufferie, rapportés au logement selon sa quote-part. Quand ces relevés ne sont pas transmis au professionnel, le calcul retombe sur des valeurs conventionnelles défavorables : le coût affiché grimpe, l'étiquette avec lui, et le propriétaire du lot n'y peut rien seul. Demander les relevés au syndic avant la visite est le geste le plus rentable de tout le processus.

Troisième particularité, plus favorable : les réseaux de chaleur urbains, dont la région est richement dotée. Un raccordement modifie le contenu carbone du chauffage sans intervenir dans les logements, ce qui joue sur l'échelle climat, celle qui plafonne l'étiquette dans bien des immeubles anciens.

Ce que la révision du calcul de 2026 déplace, et ce qu'elle ne déplace pas

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient qui convertit l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. La consommation affichée d'un logement chauffé à l'électricité baisse donc d'environ 17 %, et une partie de ces logements change d'étiquette.

Il faut lire cette révision pour ce qu'elle est : elle modifie l'unité de mesure, pas la dépense. Le logement consomme les mêmes kilowattheures, la facture reste la même, et le coût annuel estimé sur le diagnostic n'a pas de raison de bouger du seul fait du nouveau coefficient. Ce qui bouge, c'est la position du logement sur l'échelle réglementaire, donc son statut au regard du calendrier locatif et son image dans une annonce.

Les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne sont pas concernés par cette révision. Pour eux, l'écart de coût entre classes reste exactement celui du premier tableau.

À retenir

  • Habiter un logement G coûte en médiane 1 307 € de plus par an qu'un logement D, et 1 947 € de plus qu'un logement A.
  • L'écart se creuse à partir de la classe E : le premier gain de classe est celui qui rapporte le plus en euros.
  • Depuis l'arrêté du 25 mars 2024, les seuils sont desserrés sous 40 mètres carrés, ce qui concerne une part importante du parc dense.

Questions fréquentes

Combien coûte l'énergie d'un logement classé F sur une année ?

2 036 € en médiane pour les cinq usages du diagnostic, dont le chauffage est de loin le premier poste, soit 842 € de plus qu'un logement D. Cette médiane porte sur l'ensemble du parc diagnostiqué, toutes surfaces confondues : sur un petit logement, le montant absolu est plus faible, mais l'écart relatif avec les classes supérieures reste du même ordre.

Ce montant correspond-il à ma facture réelle ?

Pas exactement. Il s'agit d'un coût conventionnel, calculé pour une occupation standard, une température de consigne réglementaire et un climat de référence, valorisé aux prix de l'énergie en vigueur au moment du diagnostic. Votre facture dépend de vos usages, de votre contrat et de l'évolution des prix depuis. L'ordre de grandeur et surtout les écarts entre classes restent représentatifs.

Pourquoi les seuils changent-ils pour un logement de moins de 40 mètres carrés ?

Parce que la méthode de calcul pénalisait mécaniquement les petites surfaces : l'eau chaude sanitaire et la compacité y pèsent proportionnellement plus lourd que dans un grand logement. L'arrêté du 25 mars 2024, applicable depuis le 1er juillet 2024, relève les plafonds de chaque classe à mesure que la surface diminue. Un studio de 20 mètres carrés reste ainsi classé E jusqu'à 385 kWh/m²/an, contre 330 pour un logement de 40 mètres carrés.

La révision du calcul de 2026 fait-elle baisser la facture ?

Non. Le passage du coefficient de l'électricité de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026 modifie la conversion en énergie primaire, donc l'étiquette affichée, mais ni la consommation réelle ni le prix payé. Ce qui change pour un propriétaire, c'est la position de son logement au regard du calendrier des interdictions de location, pas le montant de ses factures.

Pour aller plus loin

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Sources

Données IDF Diag : base ADEME Observatoire DPE-Audit, Licence Etalab 2.0. Chiffres du millésime indiqué, arrêtés au 4 juillet 2026 ; la page est revue à chaque nouveau millésime.